Le Chalet du Sire

Le Chalet du Sire : s’élever pour ne garder que l’essentiel

Parmi les pépites de cet été, comment ne pas parler du Chalet du Sire.

S’élever à 1 500 mètres pour effacer le superflu. Au cœur du Massif des Bauges, à la station de La Féclaz, cette table réinvente l’expérience du repas en altitude.

Après les plus grandes maisons étoilées, Lucille Routin et Kévin Vaubourg signent ici une cuisine alpestre d’auteur, libre et vibrante. Quatre mains. Un menu unique, dicté par l’instant.

Et puis le ciel s’embrase. Depuis la table, le lac du Bourget prend feu.

Un chalet, un panorama, une nouvelle vie

Depuis plus de soixante ans, le Chalet du Sire est le point de halte des marcheurs vers la Croix du Nivolet. Plateau du Sire, Les Déserts. Vue sur le Bourget, Chambéry, parfois le Mont Blanc, la Chartreuse, Belledonne.

Les deux chefs le reprennent en 2026 sans le dénaturer. Vingt-cinq couverts. Le bon format : assez petit pour que chaque service compte, assez haut pour que le paysage fasse le premier plat.

On ne monte pas seulement pour dîner. On monte pour changer d’air et d’échelle.

Lucille Routin et Kévin Vaubourg

Ils se sont trouvés au Beau-Rivage Palace, puis une étoile au Lavandin, dans la Drôme. Elle est de Chambéry : Jean Sulpice, Emmanuel Renaut, Clément Bouvier. Lui a passé sept ans chez Anne-Sophie Pic, après Gilles Goujon et Jean-Luc Rabanel.

Leur cuisine n’imite pas la nature. Elle en vient.

Herbes cueillies en lisière. Poissons des lacs filetés à la main. Producteurs du massif. Menu unique, selon le jour, selon ce qui est prêt. Herbacée, florale, terrienne et contemporaine.

C’est une table de montagne qui a appris la précision en plaine, et qui la ramène à 1 500 mètres.

La matière, jusqu’à l’assiette

Vingt-cinq couverts dans un écrin de chêne brûlé, pierre cuivrée, grès tourné à la main. La salle célèbre la matière brute comme la carte célèbre le vivant.

Rien de rustique par pose. Tout est choisi. On sent que le lieu a été ajusté à la cuisine, pas l’inverse.

En altitude, le décor ment souvent. Ici, il accompagne.

L’instant suspendu

Le point d’orgue n’est pas seulement dans l’assiette.

C’est le moment où le soleil tombe sur le lac du Bourget. La table devient belvédère. Le service ralentit tout seul. On comprend pourquoi ils ont choisi ce chalet plutôt qu’une salle en ville.

La gastronomie d’auteur a besoin d’un paysage à sa mesure. Celui-ci l’est.

Infos pratiques

Le Chalet du Sire
Route du Sire, station de La Féclaz, Les Déserts (Savoie)
Massif des Bauges · 1 500 m

Environ 25 couverts · menu unique · réservation indispensable
Prévoir la route et, l’été, d’arriver avant le coucher du soleil.

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